Le suivi des autres animaux

 

Des suivis occasionnels sont entrepris sur les propriétés départementales à l’occasion des différentes opérations de gestion.

Zigène - Crédit photographique : Frédéric FEVELe suivi entomologique

 

Globalement, les insectes restent fortement méconnus en général, bien que représentant environ 80 à 90 % de la biodiversité. Mais une étude menée en 2003 par le Parc Naturel de Lorraine a permit de connaître un peu mieux certains groupes présents sur l’étang de Lindre ou à proximité, il s’agit notamment des odonates, des coléoptères, des hétéroptères, des trichoptères et de quelques espèces de lépidoptères, de nevroptères, de diptères, d’orthoptères, de mécoptères et de mégaloptères.

Les odonates (Libellules)

 

36 espèces ont été vues et identifiées sur l’étang de Lindre et 8 autres espèces sont potentiellement présentes sur l’étang. Cette diversité est tout à fait remarquable, en effet seulement 66 espèces sont connues pour la région Lorraine (Richard 2004). Parmi ces espèces ont trouve notamment :

    • - Coenagrion mercuriale (Agrion de Mercure) : cette espèces d’intérêt européen (Directive Habitat annexe 2, Natura 2000), se trouve dans les cours d’eau lent. Elle fut localisée en 2001 sur un ruisseau du fond de la cornée de la Folie (le Rodbeau) (Roussel & Godé 2003, Richard 2004). Elle n’a pas été retrouvée sur l’étang de Lindre en 2003, mais a pu passer inaperçue (Roussel & Godé 2003).
    • - Aeshna affinis (Aeschne affine) : C’est une espèce méditerranéenne erratique et migratrice rare en Lorraine. Elle est recensée à Lindre en 2003 et des émergences ont été observés (en juin), preuve de sa reproduction sur le site. Elle a été notamment observée sur le cornée de la Folie et au bout de la tranchée du milieu (Roussel & Godé 2003).
    • - Aeshna isoceles (Aeschne isocèle) : C’est une espèces autrefois très rare qui se répand sur la plupart des étang en Woëvre. Elle a été observée en 2003 dans les quatre cornées de l’étang de Lindre (fin mai - début juin) (Roussel & Godé 2003).
    • - Anax parthenope (Anax parthénopéen) : C’est une espèce d’origine méditerranéenne, migratrice, très rare en Lorraine. En 2003 une quinzaine d’individus migrateurs ont été observés sur l’étang de Lindre (en juillet) (Roussel & Godé 2003). Cette libellule n’avait été vue que sur cinq sites en Lorraine et c’est le premier en Moselle.
    • - Orthetrum coerulescens (Orthetrum bleuissant) : C’est une espèce peu abondante en Lorraine, on la trouve près des ruisseaux herbeux, des sources, des étangs tourbeux et des zones de marais inondées. En 2003 quelques individus ont été vus en cornées de Zommange et d’Assenoncourt (Roussel & Godé 2003).
    • - Orthetrum brunneum (Orthetrum brun) : C’est une espèce pionnière, peu abondante en Lorraine, qui fréquente toutes sortes de milieux en basse altitude. Il est possible qu’elle se reproduise à Lindre (Roussel & Godé 2003).
    • - Lestes dryas (Leste des bois) : C’est une espèce peu commune, fréquentant les mares en milieu ouvert. Elle a été retrouvée sur les quatre cornées de l’étang de Lindre en 2003, avec de fortes densité en cornée de Zommange (Roussel & Godé 2003) 

Les coléoptèresLucane cerf Volant - Crédit photographique : Claude NARDIN

 

246 espèces ont été recensées en 2003 sur la zone de l’étang de Lindre sur les 5000 espèces présentes en Lorraine (Roussel & Godé 2003). Il a été recensé notamment 70 espèces de carabes, 40 espèces de staphylins, 25 espèces de longicornes, 22 espèces de chrysomèles, 20 espèces d’hydrophiles, 17 espèces de dytiques, 11 espèces de charançons, 4 espèces de scarabées, 3 espèces de lucanes, 3 espèces de coccinelles.

 

Parmi ces espèces ont trouve :

    • - Lucanus cervus (Lucane cerf volant - Lucanidae) : c’est une espèce d’intérêt européen (Directive Habitat, Natura 2000) fréquentant les milieux forestiers. Elle est présente dans les massifs forestiers autour de Lindre.
    • - Bembidion manerheimii (Carabidae) et Stenus canaliculatus (Staphylinidae) : deux espèces aquatiques rares présentes sur l’étang de Lindre.  

Les lépidoptèresEcaille fermière - Crédit photographique : Claude NARDIN

 

28 espèces sont recensés, ce sont principalement les espèces proches de l’étangs (Roussel & Godé 2003), les lépidoptères étant assez peu inféodés à un habitat étang. Sur la zone de l’étang de Lindre on trouve notamment :

    • - Lycanea dispar (Cuivré des marais) : C’est une espèce très localisée en Lorraine, d’intérêt européen (Directive Habitat, Natura 2000). Cette espèce diurne est notamment inféodés au prairie humide à Rumex (notamment Rumex crispus) pour sa reproduction. Il est bien présent sur de nombreux sites périphériques de l’étang de Lindre, prairies d’Assenoncourt, prairies de Lindre Basse, prairies de Tarquimpol, Dieuze, Rochbach les Dieuze, … (Roussel & Godé 2003).
    • - Callimorpha quadripunctaria (Ecaille chinée) : C’est une espèce commune en France des milieux humides qui est protégé en Europe, mais en fait seul une sous espèce (C. q. rhodonensis, endémique de l’île de Rhodes) est réellement menacée. Elle est tout de même moins fréquente dans le Nord-est de la France. Cette espèces est présente sur les sites périphériques de Lindre. 

Les autres groupes

 

Il a été recensé en 2003 sur l’étang de Lindre :

    • 23 espèces de Trichoptères
    • 20 espèces d’Hétéroptères
    • 7 espèces d’Orthoptères
    • 3 espèces d’Ephéméroptères
    • 2 espèces de Mécoptères
    • 2 espèces de Nevroptères
    • 1 espèce de Diptères
    • 1 espèce de Mégaloptères

 

Cette liste de l’entomofaune de l’étang de Lindre est due à une seule campagne d’inventaire donc est forcément encore incomplète, mais elle donne une bonne idée de la richesse de l’étang de Lindre en insectes, et notamment en odonates. Deux groupes ont été bien étudiés, les odonates et les coléoptères, pour les autres groupes des études complémentaires pourront mieux préciser la richesse de l’étang de Lindre. Notamment des études sur les diptères et les éphémères pourraient être intéressantes, étant de bons indicateurs de la qualité de l’eau. 

Le suivi mammalogique

 Blaireau - Crédit photographique : Frédéric FEVE

Les mammifères n’ont pas fait l’objet d’un inventaire spécifique comme les autres groupes en 2003, les données proviennent des études et suivis antérieurs, notamment de F. Schwaab et du GEML (Groupe d’étude des mammifères en Lorraine).

 

Le site de l’étang de Lindre abrite les mammifères communs de la région Lorraine, l’intérêt du site réside dans la diversité d’habitats offerts ainsi que l’abondance des ressources alimentaire (Richard 2004).

 

On observe notamment 6 espèces d’insectivores (hérisson, taupe, musaraignes), 8 espèces de carnivores (renard, belette, blaireau, chat sauvage, hermine, fouine, martre, putois), 14 espèces de rongeurs (écureuil, campagnols, crocidure, mulots, muscardins, rats, souris) , 11 espèces de chiroptères (chauves-souris), plus le lièvre brun, le sanglier et le chevreuil.

 

Parmi les chiroptères, le Vespertilion de Bechstein est une espèce sédentaire rare, qui vit dans les forêt et milieu humide. Sur l’étang de Lindre elle est régulièrement notée en marge de la forêt du Romersberg, tant pour la reproduction, que pour l’hivernage.

 

La plupart des ces espèces de mammifères ne sont pas notées directement dans l’étang mais dans ces proches abords, notamment en forêt du Romersberg pour les chauves-souris. L’étang constituent tout de même un bon territoire de chasse pour les chauves-souris (annexe 15a) qui sont bien présentent au niveau de la digue de la cornée de Zommange. Des terriers de blaireau sont recensés autour de l’étang (à Lindre Basse et à Guermange) (annexe 15b), ils sont intéressants car peuvent notamment servir de refuge ou de lieu de reproduction pour le chat sauvage s’ils sont abandonnés. (Richard 2004)

Le suivi herpétologique

Les batraciens (ou amphibiens) se répartissent en anoures (grenouilles et crapauds) et urodèles (tritons et salamandres). Ils font l’objet de suivis irréguliers sur le Domaine après une campagne de recensement systématique en 2005 sur l’ensemble des propriétés du Domaine de Lindre.

Les amphibiens 

Les anoures

Ils sont représentés par :

  • La Rainette arboricole (Hyla arborea) : c’est une espèce assez régulière dans les roselières, en bordure des mares ou le long des fossés. La prospection en 2003 s’est faite par écoute des mâles chanteurs. Aucune ponte n’a été trouvée, mais de nombreux têtards et jeunes ont été capturés au filet en cornées de Zommange, de Guermange et d’Assenoncourt (Roussel & Godé 2003). En 2003 une estimation de 40 mâles chanteurs a été faite mais paraît vraisemblablement sous estimée, du fait des conditions de prospection (Roussel & Godé 2003, Richard 2004). Les rainettes sont également très présentes sur de nombreux étangs satellites tels que l’étang de St Jean, l’étang d’Armessous, l’étang du Guémelbruch … (Roussel & Godé 2003).
  • La Grenouille rousse (Rana temporaria) : c’est une espèce très régulière dans les mares forestières mais dont la taille des populations est nettement inférieur à celle des grenouilles vertes. Elle est répandue dans toutes les cornées de l’étang et notamment en forte populations dans les cornées de la Folie, de Guermange et d’Assenoncourt (Roussel & Godé 2003). Des reproductions ont lieu dans les 4 cornées et notamment dans la cornée de Zommange (Roussel & Godé 2003, Richard 2004).
  • La Grenouille de Lesson (Rana lessonae) : Elle est présente en grand nombre sur toutes les roselières de l’étang de Lindre et notamment en cornées de Guermange et d’Assenoncourt (Roussel & Godé 2003, Richard 2004). Dans l’étang elle est mélangée au population de grenouille verte, elle est en souche pure dans les ornières et les mardelles du Romersberg.
  • La Grenouille verte (Rana kl. esculenta) : c’est un hybride de la grenouille de Lesson et de la grenouille rousse. C’est l’espèce d’amphibiens dominante de l’étang de Lindre avec une population estimée à 10000 individus (Roussel & Godé 2003). De nombreux spécimens ont été vus dans toutes les cornées de l’étang en 2003, et notamment au niveau de la digue en palplanche et au niveau de la cornée de Guermange.
  • La Grenouille rieuse (Rana ridibunda) : c’est une espèce présente dans les étangs. Elle n’a pas été vue en 2003, mais a été signalé sur l’étang de Lindre auparavant par M. Renner (Roussel & Godé 2003). Sa présence reste à confirmer.
  • Le Crapaud commun (Bufo bufo) : il est présent dans les étangs uniquement au moment de la reproduction. Des jeunes crapauds ont été vus en 2003 en cornée de Zommange, en cornée de Guermange, en cornée de la Folie et au niveau de la digue en palplanches (Roussel & Godé 2003). De nombreux têtards ont été trouvés en 2003 au niveau du chenal en cornée d’Assenoncourt (Roussel & Godé 2003).
  • Le Crapaud sonneur ventre jaune (Bombina variegata) : non reproducteur dans les étangs en pleine eau, cette espèce pionnière préfère les ornières forestières. Il n’a pas été vu en 2003 ni dans l’étang, ni dans la forêt du Romersberg, probablement à cause des conditions très sèches cette année là (Roussel & Godé 2003). Elle est signalée dans les abords de l’étang notamment au bord du Guémelbruch et vers le «Halbert» sur Tarquimpol. C’est une espèce à suivre durant les travaux d’assec car elle pourrait en profiter et coloniser de nombreuses ornières et trous d’eau dans l’étang vidé (Roussel & Godé 2003, Richard 2004).

 

Les urodèles

Ils sont représentés par :

  • Le Triton crêté (Triturus cristatus) : non observé dans l’aire d’étude mais présent à proximité et cité en 1981. Il a été retrouvé dans deux mares de la forêt du Romersberg en 2003 (Roussel & Godé 2003). Il est également retrouvé sur quelques étangs périphériques (étang de St jean, étang d’Osterweiher, Voite Etang) (Roussel & Godé 2003). Il pourrait être présent au niveau du contact de la cornée de Zommange et de la forêt du Romersberg, sa présence devra être confirmée.
  • Le Triton alpestre(Triturus alpestris) : En 2003 plusieurs individus ont été observés en cornée de Guermange et dans une ornière forestière à 10 mètres de la roselière (Roussel & Godé 2003).
  • Le Triton ponctué (Triturus vulagris) et le Triton palmé (Triturus helveticus) : très réguliers dans les mares et les étangs, des larves des deux espèces ont été retrouvées ensemble en 2003 dans la cornée de Zommange, au niveau du renfoncement forestier entre le Bois du Speck et le Bois de la Clé en Forêt du Romersberg, dans le chenal amenant l’eau de l’étang de Zommange et dans les roselières au niveau du bois du Speck, de la cornée de Guermange et de la cornée de la Folie (Roussel & Godé 2003). Des adultes de tritons ponctués ont été vus en 2003 dans les cornées de Guermange et Zommange (Roussel & Godé 2003).
  • La Salamandre tachetée (Salamandra salamandra) : présente avec de fortes populations dans les fossés et mares de la forêt du Romersberg, elle n’est pas retrouvée dans l’étang de Lindre (Roussel & Godé 2003). 

Les reptilesLézard vivpare - Crédit photographique : Claude NARDIN

 

Leur étude a été menée par observation en même tant que l’inventaire des amphibiens en 2003 par Thomas Roussel et Laurent Godé (PNRL). Des données existent également dans le Document d’Objectif Natura 2000 et dans les Atlas communaux, notamment d’Assenoncourt édité par le Parc naturel régional de Lorraine, permettant de compléter la liste des reptiles présent sur la zone de l’étang de Lindre (périmètre Natura 2000).

 

Les espèces présentent sur la zone de l’étang de Lindre sont :

 

Anguidae

    • L’orvet (Anguis fragilis) : Il n’est pas observé sur l’étang de Lindre en 2003, mais quelques individus ont été retrouvés en forêt limitrophe (Roussel & Godé 2003).

 

Lacertidae

    • Le lézard vivipare (Lacerta vivipara) : Il est présent quasiment partout autour de l’étang de Lindre (Roussel & Godé 2003).
    • Le lézard des souches (Lacerta agilis) : Ce petit lézard rare dans le Pays des étang est retrouvé dans les zones périphériques de Lindre notamment à Assenoncourt (PNRL 2001). Il fréquente les zones de haies et ripisylve.
    • Le lézard des murailles (Podarcis muralis) : Il n’est pas présent directement autour de l’étang mais fréquente les zones périphérique, notamment près de villages.

 

Colubridae

    • La couleuvre à collier (Natrix natrix) : C’est une espèce commune dans les abord des étangs et cours d’eau. Elle est présente notamment dans les roselières de l’étang de Lindre (Roussel & Godé 2003, Richard 2004).

 

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